jan 15

Bonne année – Happy new year

Bonne Année 2016

oct 27

Embrunman 2015 : maudite Casse Déserte

Grenouilles Bleues EmbrunCette course est un mythe et un rêve pour moi depuis plus de 20 ans. J’ai joué de malchance mais j’ai retiré beaucoup de satisfactions de cette journée, en attendant la revanche dans l’Izoard.

 

« Voyez vous la première bouée éclairée ? » C’est sur-réaliste, en tout cas pour des novices du triathlon comme moi ou qui participent à leur premier Embrunman. Le soleil n’est pas encore apparu derrière les montagnes et nous sommes parqués dans un corridor de barrières comme des manchots sur le point de sauter d’un bout de banquise. Mouillés pour beaucoup après un rapide échauffement dans un coin du lac. Il est 5 h 59 et je ne me rends même plus compte ni de l’heure, ni de la température et que dans moins d’une minute je vais plonger dans un environnement hostile pour moi : l’eau, au milieu de 1200 athlètes.

Il n’y a pas si longtemps, faire du vélo (même en course), en montagne par 15° sous la pluie pendant 190 bornes était très désagréable. La veille d’une course de vélo dans des conditions pareilles, en prévoyant des températures inférieures à 5° en altitude, je me serais posé beaucoup de questions et j’aurais même espéré l’annulation de l’épreuve. Sortir d’un lac à 7 h du matin, la tri-fonction mouillée et partir faire ces 190 km, j’avoue que je n’aurais jamais pensé pouvoir le faire…

Bienvenue au parcEmbrunman2015

Depuis une heure, nous nous afférions dans le parc pour organiser notre journée à notre emplacement, un petit espace d’un mètre carré. Vélo, accessoires, vêtements, alimentation. Le tout rangé dans un ordre et une rigueur quasi militaires. Pour les Grenouilles Bleues, Bertrand Philipon, Sébastien Aladenyse, Pierre-Yves Teycheney et moi, tous placés dans le parc au même endroit grâce à nos dossards consécutifs, l’installation de nos affaires était empreinte de stress mais surtout d’excitation. Les mêmes questions répétées dix fois depuis la veille, « je prends quel vêtement ? », « j’ai pris assez à manger ? », « de toute façon je me change en sortant de l’eau ». On part pour plus de douze heures de sport, l’idéal est de ne rien oublier. Dans l’agitation et la cohue du départ, nous n’avons pas pu saluer nos partenaires de club, Francine et Eric Julan, installés quelques rangées en amont dans le parc à vélo.

Silence

Il fait nuit. Engoncés dans nos combinaisons on ne sent pas le léger vent frais, et en fond sonore une musique monte progressivement en intensité. Tout monte, y compris la pression et les commentaires de Stéphane Garcia.

A 5 h 50, nous sommes dans le sas et nous assistons au départ des féminines dans une ambiance exceptionnelle. Dans la nuit, le crépitement flash et les encouragements du public nombreux donnent d’avantage de magie, dans dix minutes de sera notre tour.

A 5 h 55 c’est l’entrée sur la plage. Le premier mettra 10 h, mais il y a déjà de la « baston » pour se placer dans le peloton. Peu de discutions, plus de questions, nous regardons tous le lac et la première bouée éclairée, c’est le seul point de repère pour le moment. J’ai perdu mes acolytes dans la mêlée.

Je ne sais pas si le silence de Stéphane était volontaire ou dû à une panne de micro, mais les minutes précédant le départ étaient d’une intensité incroyable, dans un silence de cathédrale à l’aube au milieu des montagnes.

Nous avons tous notre index placé sur le bouton « start » de la montre et beaucoup regardent leurs pieds, le lac, la première bouée éclairée. Comment faire passer 1200 athlètes entre deux bouées séparées de 10 mètres ? Bouchons assurés !

Coup de pistolet

A vous faire sursauter, ce starter la est comme les premiers feux d’artifice que vous avez vu gamin, il vous attrape les tripes et vous fait exploser le coeur. C’est le début de l’angoisse pour certains, la délivrance pour d’autres qui en avaient marre de trépigner sur les cailloux de la plage. C’est surtout la ruée vers l’eau. Pas de questions, pas de solutions, pas d’analyse. S’immerger, tourner les bras, avancer tout en prenant des coups ! Ca sent le néoprène des combis, ça « bastonne » tout simplement, un coup de pied dans le côtes, un concurrent qui vous passe littéralement dessus, mais il faut impérativement essayer d’éviter les coups dans la figure. Un moment la tête hors de l’eau pour estimer la direction, un autre la tête dans l’eau et on aperçois quelques algues… C’est une bonne heure de pur bonheur ou il m’est pourtant difficile de trouver mes aises pour « poser ma nage ». Les rares moments ou je suis seul, j’en profite pour remonter un petit groupe, en prenant mes aises et en essayant de tailler « au plus court ». A chaque instant, dans mes bras et dans ma tête, je sens que je pourrais nager un peu plus vite mais j’ai décidé de maintenir cette allure. Pour m’enlever du stress et éviter une dépense énergétique trop importante qui m’aurait fait gagner de petites minutes pas forcément utiles. Les erreurs de Kona sont enregistrées ! Sur l’Embrunman, même si la place compte à la sortie de l’eau, le vélo et la course à pied représentent plus de dix heures d’effort et comme ce sont mes points forts…

Ma journée commence

Me voila dans le parc.  Toutes mes « froggies » sont déjà parties rouler. Il ne reste que Bertrand, qui est entrain de se changer et me demande « Il va faire froid la haut ? ». Enième interrogation à ce sujet mais normale à ce stade ! Je suis tellement concentré et pressé de prendre le vélo que je mets un temps pas possible à lui répondre, en pesant mes mots pour ne pas l’effrayer. « Oui, surement en dessous des 10° ». A cet instant, je sais qu’il va pleuvoir dans l’Izoard et que les 15 petits degrés de la vallée vont se transformer en 5 au sommet. Un maillot supplémentaire rempli de ravito, le gore-tex dans la poche du milieu et c’est parti pour 188 km. Ma journée commence.

Je trouve Seb dans le premier col. Quelques encouragements mutuels me regonflent le moral, je passe sans encombres aux Méans et attaque la descente sur le lac de Serre Poncon. Rapide, assez facile mais déjà ponctuée de quelques chutes alors qu’en bas, des « groupes » se forment déjà. A partir de ce moment la route est droite et nous avons vent dans le dos direction Guillestre et le pied de l’Izoard.

Le passage dans Embrun avant de prendre la petite route de Baratier a des airs de Tour de France. La foule s’est amassée dans quelques carrefours et à la sortie d’Embrun il n’y a de la place que pour un coureur sur la route !

Chacun sa façon de se concentrer. Sur une épreuve aussi longue, je me fixe des buts. A la sortie de Barratier, mon prochain objectif est d’atteindre la vallée du Guil, ou je le sais, j’apercevrais Nadia, Marianne et Pierre Dehlens.

Deux choses à ne pas oublier sur Ironman : manger et boire. « Eating, drinking, eating, drinking… » Je me souviens encore des conseils de mon ami Rodrigo à Kona et en tant que « rookie » du triathlon et mauvais gestionnaire devant l’éternel, je ne pense quasiment qu’à ça.

La re-montée

Guillestre, vallée du Guil. La montée de l’Izoard approche, le mauvais temps aussi. Le soleil a disparu et quelques gouttes de pluie font leur apparition. Je ne fais que remonter depuis la sortie de l’eau et je suis pour le moment dans mes prévisions, voire même légèrement en dessous niveau intensité. A Brunissard la montée débute réellement après une succession de bosses. 10 % de moyenne environ, histoire de se caller avant les lacets dans la foret. Il y a peu de monde dans la montée, mais les quelques encouragements réchauffent les jambes alors que le thermomètre n’en finit pas de descendre. Qu’importe, j’ai de bonnes sensations et je suis équipé, aucun risque d’attraper froid.

Le sommet approche et je dois me situer aux alentours de la 30ème place. L’objectif maintenant est de gérer la descente, bien m’alimenter et ne pas trop taper dedans jusqu’au parc à vélo. J’approche du km 100 et je suis à peine à la mi-course. Après la petite descente à la Casse Déserte j’attaque tranquillement la dernière partie de la montée sur le grand plateau, sans trop croiser la chaine, en souplesse comme d’habitude…Et pourtant mon dérailleur lâche ! La chape explose et l’ensemble manque de voler dans les rayons et d’emporter la Cosmic Ultimate. J’ai le reflexe d’arrêter de pédaler et je descends de vélo avant de tout détruire. Je crois qu’il s’est passé au moins une minute avant que je ne réalise que tout était cassé. Impensable, ça ne m’est jamais arrivé en 22 ans de vélo… Je m’énerve, crie à l’injustice et je commence même à pleurer, sous la pluie à quelques mètres de la stèle de Louison Bobet et Fausto Coppi. Les minutes s’égrènent. Une solution, vite une solution ! Le sommet n’est qu’à deux kilomètres et le début de la descente, mais après ? Comment monter Palon et Chalvet ? La décision est prise, je coupe la chaine, j’enlève la chape et je bricole un pignon fixe en espérant que la chaine ne soit pas vrillée. C’est parti, le vélo couché sur le coté, les mains dans la graisse en prenant garde à ne pas m’essuyer sur ma combi Castelli toute neuve (oui des fois on pense à des détails !). Il pleut et la je commence sérieusement à cailler. Quel braquet ? 53X23 devrait faire l’affaire car il me faut le braquet idéal pour monter les faux plats et espérer passer les dernières bosses sans mettre pied à terre. Tant pis pour les descentes et les parties roulantes, mais au moins je diminue le risque de me détruire les quadriceps, qui avec la pluie et le froid, risqueraient de devenir durs comme du bois pour le marathon.

Maudite Casse Déserte

C’est reparti, la mort dans l’âme, jusqu’au col ou m’attend mon sac de ravitaillement. J’ai « pété mon câble », je n’arrive plus à me remettre dans la course. Les poches pleines de ravito, j’attaque la descente jusqu’à Briancon en me laissant descendre… Il n’y a plus que ça à faire, je ne peux plus avancer correctement dans les parties roulantes et descendantes. Je fais un essai dans la descente pour voir si mon système fonctionnerait sur le 15, impossible ça déraille et ça menace de tout fracasser. Le braquet que j’ai mis me permet de bien négocier les faux plats en direction de Palon et pas d’avantage. Je passe les ascensions « en muscu » en essayant de ne pas trop me détruire en prévision du marathon.

Une grande partie des athlètes que j’avais doublé depuis la sortie du lac me rattrapent, c’est déprimant et extrêmement frustrant tandis que la pluie redouble. Je « ronge mon frein » sur tout le retour vers Embrun et je laisse des forces à mouliner sur le plat et à monter les bosses en force.

Au pied de Chalvet, Mickaël m’encourage sous la pluie. Heureux de le voir et d’en avoir presque terminé avec la partie vélo mais désespéré d’avoir perdu autant de temps, pas quantifiable à cet instant. J’ai passé près de trois heures à ruminer mais je n’ai pas à me plaindre, j’arrive entier au parc à vélo et sans autre problème.

Courir pour sauver la journée

Moment de déprime, assis sur ma chaise au parc. Je prends quelques secondes pour re-concentrer et il me semble avoir envoyé royalement bouler le kiné qui proposait un massage avant la course à pied.

DSC_0736Allez hop, je retourne ma caisse contenant les chaussures et les gels et je m’habille. Dernière Powerbar avalée, je n’avalerais plus que des gels. Comme à l’accoutumée et pour me mettre toute suite dans le bain, je pars relativement vite histoire de me donner le moral en remontant des concurrents. A partir de maintenant la découverte est totale, j’ai pu deviner le parcours les jours précédents mais je ne me rends pas compte de la dénivelée et des conséquences du début de course sur mon état physique. Qu’importe, j’essaie de prendre la course à pied comme un marathon « sec ».

Les encouragements sur le parcours ne diminuent pas. Sur la partie vélo, les spectateurs sortaient de chez eux, nous encourageaient depuis leur fenêtre. Ils scrutaient les dossards pour encourager les concurrents par leur prénom ! Incroyable et touchant. J’essaie de repérer parfois les encouragements des proches, que je ne vois pas forcément dans la foule. Et je retrouve Pierre, idéalement placé à une intersection, qui me « pousse au cul », littéralement.

A partir de maintenant, c’est « un jeu de patience ». Mettre le régulateur de vitesse à la bonne hauteur pour ne pas casser le moteur et s’arranger pour que les voyants s’allument le plus tard possible. Il n’y a quasiment pas de plat sur le marathon de l’Embrunman et mon premier tour se passe idéalement bien. Je suis à peu près dans mes objectifs, en 1 h 35 sur le premier semi, tout roule.

C’est mon deuxième Ironman et j’essaie de ne pas reproduire mes erreurs d’Hawaï. J’avais payé ma mauvaise gestion au 30ème kilomètre et terminé difficilement. Les conditions sont différentes, je suis mieux préparé, plus frais, mais hélas j’ai laissé pas mal de forces dans cette partie vélo. Au trentième, c’est inévitable, j’accuse le coup. C’est pas la surchauffe, pas le moteur, mais bien l’essence. Je ne sais pas si il avait choisit l’endroit, mais Mickaël Lambert m’attend en vélo et va me suivre jusqu’à la fin. 4 km de traversée du désert, à m’accrocher à la vision de son sac à dos. Il fait ça bien, il s’arrête pour m’encourager, me passe à coté pour me donner un conseil et va se poster 500 mètres plus loin, parfait pour ne pas être « saoulé » de quelqu’un qui roule à coté de vous. Un repère tous les 500 mètres. Aller jusqu’à Mickaël, l’écouter, puis recommencer. « ça va passer ». En haut du faux plat de Baratier, je lâcherais les freins et tout sera finit après ces 4 km qui sont définitivement les plus longs de ma journée, ceux ou j’aurais pu craquer si j’avais été seul.

Les bras tendus pour me détendre les épaules, une foulée plus allongée, bien droit pour respirer, j’aperçois le lac et je passe entre les spectateurs qui n’en finissent pas de nous encourager. J’oublie la montre, je profite des derniers kilomètres pour « imprimer » les souvenirs tout en évitant de me faire dépasser. Le tour du lac, les athlètes, la foule et au bout la famille et les amis pour passer la ligne de mon premier Embrunman… Et tant pis pour le chrono, le plaisir était ailleurs !

Toutes les infos ici : www.embrunman.com

Les résultats ici : http://www.ipitos.com/resultats/

Les récits de PYT ici : www.lesgrenouillesbleues.gp

Les Grenouilles sont dans le webdoc du Dauphiné Libéré consacré à l’Embrunman ici : http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2015/08/13/decouvrez-l-embrunman-et-son-histoire

Grenouilles Bleues Embrun

août 13

Embrunman J-2

Grenouilles Bleues EmbrunLes Grenouilles sont toutes arrivées à Embrun, les dossards sont récupérés et il ne reste qu’à mettre les vélos dans le parc demain. L’heure est au repos et à la concentration pour une journée de samedi qui s’annonce épique.

En savoir plus »

juil 14

Embrunman : M-1

VALLOIRE2015_PIGEAU_BDIMG_0410Un maillot tricolore aux France de duathlon LD, quelques bonnes sensations durant le mois de juin et une chute début juillet. Les aléas d’une préparation et d’une saison sont difficiles à gérer. A un mois de l’Embrunman, j’en termine avec une reconnaissance enrichissante du parcours vélo de la course.

En savoir plus »

mai 29

Direction Cambrai !

IMG_0381Ma saison a démarré avec de bonnes vibrations fin février en Guadeloupe, je prends part dimanche a ma deuxième échéance de la saison, les championnats de France de duathlon longue distance à Cambrai. Objectif : m’éclater sur une course et un format inconnus pour moi.

En savoir plus »

Articles plus anciens «