Tour de Guadeloupe 2007
Incroyable ! Que de souvenirs. De la folie sur l’île pendant 10 jours, on m’avait beaucoup parlé du public présent sur le Tour tous les ans, mais je ne pouvais pas m’en rendre compte avant de l’avoir vécu.
Les jours précédents le départ tout d’abord. Dans les médias et dans les rues, la pression est montée lentement. L’événement de l’année en Guadeloupe était sur toutes les lèvres, aussi bien dans les journaux, qu’a la radio, la télé et jusque dans les spots publicitaires ! Puis, est enfin venue l’heure du départ. Le prologue dans le centre ville de Pointe à Pitre. Qui va me croire si je dit que les spectateurs accrochés aux barrières tout au long des 4 kilomètres du circuit étaient la au moins 2 heures avant le départ du premier coureur ? Incroyable je vous dis. Les heures précédentes étaient réservées à l’installation de toutes les infrastructures (ligne d’arrivée et de départ, plateaux télé etc.…) et à des manifestations telles que le défilé d’un groupe carnavalesque.




C’est parti…
19 h, départ du premier coureur. On entend déjà la foule crier, il y a énormément de bruit depuis 2 heures et c’est maintenant au tour du Speaker que la course de rentrer en scène. C’est l’heure à laquelle je monte sur mon vélo pour m’échauffer, je pars dans le milieu de tableau. Et les temps tombent, même si je m’échauffe dans une rue annexe, je ne peux qu’entendre le bruit provenant de la ligne d’arrivée. Pile à l’heure, je me présente au pied du plot de départ. C’est un peu comme dans un stade, derrière le plot, on ne voit pas l’arène, on ne voit pas l’endroit ou l’on va se jeter. Et c’est au moment de monter sur mon vélo, tenu par le commissaire que j’ai compris que les 10 jours à venir allaient être superbes. Concentré, même si je sais que je vais me prendre un tir sur une discipline qui n’est vraiment pas ma spécialité, je m’élance à mon tour pour mon premier « Tour ». Au moins 500 mètres en danseuse pour s’élancer, je n’avais pas envie de m’asseoir ! Comme pour montrer que je faisais le max. Encouragé tout au long du parcours, je crois que je ne me suis rarement autant défoncé sur un prologue ! Le résultat est pourtant minable, mais bon, ce n’est pas grave, 45 secondes cela ne comptera plus après 10 jours de course !
Levure diététique et Berocca
Que dire, que dire ! 10 jours à fond, à prendre la course au jour le jour. Logé au local de l’ASBM, l’ambiance était bon enfant. J’étais le « rookie » de l’équipe, celui qui découvrait la course. Chaque jour émerveillé comme un gamin entrant pour la première fois dans un stade de foot. C’était comme à la télé, vous savez, sur le Tour de France, lorsque l’on regarde l’étape on entend que deux choses, les commentateurs et le public en bruit de fond. Et bien la, dès que nous sortions de la voiture sur la ligne de départ, c’est cette ambiance sonore qui commençait, jusqu’à ce que l’on remonte après l’étape dans la voiture. 4 h de course tous les jours. Difficiles bien surs, avec des parcours difficiles et une vitesse moyenne souvent élevée. Mais bizarrement, je trouvais parfois quelques « facilités » par rapport à certaines courses de la saison ou l’effectif était réduit. Comme quoi, un peloton de 100 coureurs cela rassure lorsque l’on sait que l’on est en forme, on pense qu’il ne peut rien nous arriver et que l’on finira par rallier l’arrivée avec les autres.

L’Alpe d’Huez Guadeloupéenne
Personnellement, je prenais la course au jour le jour. Et je faisais mon max pour exécuter le programme du briefing. Vous savez, lorsque l’on part pour 10 jours, on sait que l’on va souffrir, alors on ne compte pas, on ne calcule pas. On s’habille, prépare le sac, le vélo et on prend le départ machinalement. Comme pour une course d’un jour. A la différence, que l’on se fixe des objectifs tous les jours, en fonction du terrain ou du classement, la course fait le reste. En tout cas, je partais dans cet esprit la. Et le premier Dimanche, j’avais rendez-vous avec un petit objectif, le fameux CLM de Saint Claude. 7 km, dont 5,5 de montée à 8% de moyenne avec des passages à 14%. Une montée terrible, que j’avais reconnue quelques semaines avant. J’avais même réussit à me calculer un temps approximatif. Et ce fut juste, même un peu mieux. On m’en avait aussi beaucoup parlé de ce CLM. Motivé comme un cadet, j’ai bien récupéré de la demi étape du matin et j’ai fait un échauffement sérieux sur home trainer. Crème pour dégager les bronches, gels énergétiques dynamisants et tout et tout ! Chaud bouillant sur le plot de départ ! 3, 2, 1 partez et me voila parti ! Du monde sur le bord comme tous les jours. Ok, pour l’instant tout est normal ! Pendant que je m’échauffais, j’écoutais les temps tomber à la radio, l’autoradio de la 307 était branché sur RCI. De quoi se motiver encore plus, surtout lorsque le journaliste vous annonce comme pouvant faire un bon temps ! Me voila passé l’hôtel de région, j’arrive au pied de la bosse. Virage à droite, à raz du trottoir et je lève la tête. Ca y est, ça commence, je vois le coureur parti avant moi, il va m’aider à me lancer. Et passé le premier rond point je commence à frissonner. Toujours plus de monde. La route devant moi et deux colonnes de spectateurs. J’entends à peine John qui m’encourage derrière en voiture ! Et je monte, je double le coureur de l’Excelsior et j’ai en point de mire un autre coureur. Je reste concentré et j’entend ici et la des « Aller Pigeau ». Des gens que je connais, ou pas, qui ont entendus à la radio mon ordre de passage et qui m’encouragent. Ca donne envie de remettre une dent, mais dans les parties à 12%, je ne peux pas descendre en dessous du 23. 23, 25, 21 pour relancer dans les parties moins difficiles. Et toujours plus de monde. L’Alpe d’Huez ! John klaxonne comme un fou pour faire écarter les gens. A 3 km du sommet, c’est le summum. Je vois devant moi une bande de goudron d’un mètre de large, des gens et j’entends le bruit des klaxons des motos et de la voiture, les encouragements de John et l’hélicoptère en bruit de fond ! Comme ça jusqu’en haut ! Incroyable, la montée fait mal, mais les encouragements font du bien. Et ceci jusqu’en haut. A 1 km du but, les barrières installées canalisent la foule. Et il y a comme un vide autour de moi, je ne sens plus les gens, alors je me rapproche des barrières, c’est étrange. Et ces derniers 500 mètres, terribles et interminables avec tous les yeux braqués sur moi. Je m’imagine un instant ce que vont éprouver les costauds. Top, 21 minutes, c’est finit pour moi, j’aurais presque voulu que cela dure plus longtemps !

Caravane publicitaire et journal télévisé
Voici donc la folie qui régnait ici pendant 10 jours. Et tous les jours c’était la même chose. Du monde à chaque arrivée d’étape. Il y avait même un service d’ordre pour empêcher les gens de rentrer sur la ligne d’arrivée ! Les meilleurs étaient conviés juste après le passage de la ligne, sur le plateau des deux télés locales ainsi qu’en radio.
Sur le plan sportif, même si mes étapes montagnardes m’on un peu réussit, à mon modeste niveau, j’ai finit les trois derniers jours très fatigués. De plus, les étapes me convenaient peu en fin de Tour. En m’accrochant, j’ai réussit à rentrer dans le Top 30 au général, j’étais assez content mais j’aurais bien aimé une ou deux placettes sur des étapes. Quand à la dernière étape et l’ascension finale vers Basse Terre, ce fut l’occasion de débrancher le cerveau dans les 25 derniers kilomètres et l’ascension finale ! Plus de calculs, le max, jusqu’au bout, pour en finir. Et je me suis même surpris à me laisser tranquillement porter dans le terrible dernier kilomètre, par les cris de la foule nous encourageant, en oubliant le mal de jambes et en pensant a la fête que ça allait être en haut avec tout le monde une fois la ligne d’arrivée franchie !
Ca y est, c’est terminé, j’ai bouclé mon premier Tour et Franck son dernier (pour l’anecdote). On savoure et on « débrief » dans tous les coins, c’est la fête à Basse Terre, en trois mots : vive le vélo !


P.S : Evénements relatés le plus simplement possible, sans aucune prétention aucune… ;o)
P.S 2 : Merci à Tanguy pour les photos !
P.S 3 : Merci à toute l’équipe de l’ASBM, todos !
P.S 4 : Merci également à tous ceux qui m’ont toujours aidé matériellement et aidé de près ou de loin, directement ou indirectement.
P.S n°32 ! : Un grand merci à tous ceux qui m’ont encouragé sur le bord de la route ou/et derrière leur radio, en Guadeloupe et en métropole ! Merci.
Bye
Sylvain