Puerto Rico 2007
Paru dans France Antilles, le 30 Août 2007
Carnet de voyage, 10 e Clasico ciclismo international “El coqui dorado”
“Voyager et découvrir. C’est aussi cela le sport cycliste. Et c’est lorsque l’on coure sur nos terres avec des coureurs étrangers que nous sommes tentés nous aussi de larguer les amarres vers d’autres contrées. Des échanges se créent sur les courses et cela, le public ne le voit pas forcément. Au sein du peloton d’abord, dans l’effort et l’adversité, puis au départ et à l’arrivée des étapes. On en vient alors à échanger les e-mails. “Tiens moi au courant si une course à lieu dans ton pays, cela peux nous intéresser avec l’équipe” ou “au fait, dans trois semaines se déroule une course par étapes chez moi et l’organisateur voudrait des coureurs étrangers”. A partir de la, des connexions se créent. En Anglais, en Espagnol ou avec les mains, comme on peut parfois ! C’est comme cela que Franck (Sartori) a découvert la “Clasico Ciclismo International de Cayey” à Porto Rico. Un concours de circonstances à vrai dire puisqu’en 2002, un de ses amis de République Dominicaine, l’informe qu’il y a une course importante à Cayey. Il prend contact et part avec son équipe, ECO Café Chaulet disputer la course. “Comme j’ai bien marché cette année la et que j’avais été leader de l’épreuve, j’ai pris contact et j’ai pu revenir les années suivantes” explique Franck. Depuis, tous les ans, son ami Pablo Lopez, l’organisateur de la course l’invite à courir sous le maillot du club de Cayey.
Un cyclisme élitiste
Cette année, Franck a réussit à me faire inviter également. Banco, j’adore les défis et les aventures ! De plus, je fais la collection de maillot de vélo des équipes que je rencontre dans le monde, ce sera sûrement l’occasion d’un échange ! Le rendez-vous est pris, même si en sortant du Tour de Guadeloupe, la machine est fatiguée. Mais cela fait beaucoup de bien de “changer de secteur” et c’est également une occasion de refaire de l’Espagnol. En plus de la course, c’est aussi une semaine de découverte. Sur le pays en lui même d’abord, une île de la Caraïbe, hispanique mais de culture Américaine. Une île très grande, montagneuse et magnifique. Puis, sur la culture cycliste existante dans ce petit pays. Un cyclisme développé avec une vingtaines de courses inscrites à son calendrier, un bon nombre de licenciés et de boutiques consacrées au cyclisme, mais peu médiatisé en raison de l’engouement voué aux sports plus populaires tels que le football ou le base-ball. Ce n’est pas pour cela que le niveau des courses à Porto Rico n’est pas élevé. Il est très disparate en fait. Cela va des professionnels de l’équipe Caico, la seule équipe professionnelle présente sur l’île aux catégories masters et féminines. Tout le monde est réuni donc, plus souvent qu’a l’accoutumée, sur les mêmes courses, pour qu’il y ai plus de monde.
Toujours des rencontres
Sur “El coqui Dorado”, le surnom de la course, destinée également à réunir des fonds pour une associations créée pour les enfants handicapés, l’ambiance est bonne détendue. Mais surtout, le peloton est cosmopolite. Les équipes viennent de Porto Rico bien sur, mais aussi du Costa Rica, de République Dominicaine, du Guatemala, de Colombie et des Etats Unis notamment. De quoi donner une richesse supplémentaire à l’épreuve et permettre de tisser encore plus de liens sportifs dans la région. Nous étions logés avec une équipe venant du Costa Rica à l’université de Cayey. D’autres équipes étaient elles à la caserne de la Guardia Civil. Deux univers donc, puisque pendant qu’une partie du peloton dormait dans les lits de camp des soldats, la spiritualité était de mise chez nous, puisque l’équipe Costa Ricaine a la particularité d’être gérée par une association Chrétienne ! L’un des coureurs, “le Padre” béni même le peloton avant chaque départ d’étape !
Montagne, Pick up et Salsa
A chaque pays sa culture, mais également son cyclisme. Même si les règles et la façon de faire sont les mêmes, il y a ces petits détails qui donnent toute la saveur de la course à laquelle on participe. Le terrain tout d’abord, puisque l’on change radicalement de secteur, les routes montagneuses de Porto Rico sont relativement belles et larges, sinueuses mais offrent surtout des pourcentages réguliers. La façon de courir en découle, la sélection se fait par l’arrière avec une vitesse assez linéaire. Puis, tous les petits détails qui nous donnent l’occasion de s’étonner à chaque fois. Comme le nombre de véhicules pick up, présents sur les routes et dans la caravane en particulier. Ou comme la musique traditionnelle, présente partout et qui couvre les paroles du speaker de la course sur la ligne d’arrivée ! Voila, c’est aussi ça le cyclisme, au delà des performances et de certains stéréotypes, il permet aussi de découvrir d’autres cultures et c’est a nous coureurs d’emmener dans nos valises nos petites habitudes et notre savoir pour pouvoir les partager.
Sylvain Pigeau









