XX e Vuelta Indépendencia, 22 fev - 1 er mars 2009, République Dominicaine

Loin de la crise économique qui sévit sur l’ensemble de la planète, le monde du vélo continue lui de tourner. Et sur tous les continents, même dans la caraïbe.

La preuve avec cette Vuelta Ciclista Independencia Nacional. Courue en République Dominicaine en Février au moment de la fête de l’indépendance, comme son nom l’indique, cette épreuve par étapes de 8 jours est classée en 2.2 UCI. 1075 km étaient au programme cette année, du niveau, des bordures, de la montagne et toujours de la bonne humeur.

 

Faire une telle course est un but sportif évidemment, mais cela permet aussi de découvrir un pays, de s’enrichir culturellement et humainement. La République Dominicaine est on le sait un pays magnifique. Il est très prisé depuis quelques années au niveau touristique et les tour operators proposent des prix vraiment attractifs pour des formules all inclusive. On parle la de Punta Cana et de Puerto Plata notamment.

Mais c’est bien plus au sud, à Santo Domingo et ses alentours que la course s’est déroulée. En milieu de semaine, il y a eu plusieurs incursions au centre dans la partie montagneuse, à l’Est et à l’Ouest de l’Ile. De quoi sortir un peu de la capitale, colorée, hyper active mais très bruyante, embouteillée et polluée. C’est aussi cela Saint Domingue, une île très dynamique mais insouciante. Les gens vivent un peu au jour le jour, l’atmosphère peut paraître « speed », à entendre les klaxons des automobilistes et taxis toujours pressés, mais l’on se fond rapidement dans la masse et on apprend vite à s’imposer sur le bitume.

 

L’hymne nationale est jouée à chaque départ d’étape. Elle ressemble un peu d’ailleurs à la Marseillaise, normal, le compositeur était un Dominicain d’origine française… Petite note historique donc, dans un pays fortement marqué par la culture coloniale. Dans Santo Domingo la capitale, on trouve à tous les coins de rue des édifices ou des statues rappelant que Saint Domingue fut la première ville des Amériques, la première colonie des indes. On trouve aussi énormément de monuments et de lieux historiques préservés. Il y a beaucoup à voir et à apprendre sur la culture caribéenne et la colonisation, grâce à ces lieux très bien valorisés, les passionnés d’histoire peuvent donc s’en donner à cœur joie.  73 % de la population est métisse sur l’île. Ce qui crée un brassage exceptionnel. La tolérance l’est aussi et le racisme est quasi inexistant.

 

La traversée des villages se fait au rythme d’airs de meringue et de bachata. Histoire de mettre un peu de sons à la course. La différence de niveau de vie est énorme et le contraste saisissant avec nous, coureurs « occidentaux ». Les prix de course, peu élevés sont en pesos dominicains. La victoire d’étape se paye environ 2000 pesos, soit 50 euros. La différence est grande avec les courses européennes de même niveau. Et quand à Jarabacoa (arrivée en altitude), un jeune coureur Dominicain, qui suit la course dans la caravane, vous propose de vous laver votre vélo pour 50 pesos (un peu plus d’un euros), cela donne à réfléchir.

 

Huit jours de course, des souvenirs plein la tête, dans les yeux et dans les oreilles, des paysages colorés, des gens accueillants et passionnés, il est clair que cette Vuelta Indépendencia m’a marqué a plus d’un titre. Et bien au delà de la satisfaction sportive, les rencontres et la visite du pays m’ont permis une nouvelle fois de découvrir un autre pays grâce au cyclisme.

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